La Prévention contre les espèces invasives
Les espèces invasives
Le frelon asiatique
Le frelon asiatique
De plus en plus présent en France, le Frelon asiatique constitue une menace pour les écot-systèmes et particulièrement les ruchers. Ses nids, en forme de grosse boule de la taille d’un ballon de football voire plus, se trouve le plus souvent en hauteur dans les arbres et ne deviennent souvent visibles qu’en automne à la chute des feuilles. Toutefois ce frelon peut aussi s’installer dans des haies de feuillus, ce qui peut constituer un véritable danger lors de tout travaux d’élagage ou de passage de public à proximité
La piqûre de cet insecte pouvant être mortelle. D’un caractère assez agressif, le frelon peut de plus poursuivre sa victime sur plusieurs dizaines de mètres.
Nid primaire – nid secondaire
Deux nids dans le cycle du frelon.

A partir du mois de mars, chaque reine qui a survécu à l’hiver fonde un nouveau nid de petite taille (équivalent à une grosse orange), appelé nid primaire, et élève les premières larves, qui deviennent des ouvrières adultes en un mois à un mois et demi. Les ouvrières prennent ensuite en charge la construction du nid et l’alimentation des larves, tandis que la reine se consacre à pondre. Si elle survit aux aléas climatiques, à la prédation et à la concurrence, vers le mois de juillet, la colonie s’installe définitivement ou délocalise le premier nid pour s’installer à une dizaine de mètres de hauteur dans un arbre, sur un bâtiment, mais aussi souvent plus bas dans une haie ou une souche, dans un nid secondaire construit par les ouvrières. La colonie atteint son activité maximale et la taille du nid son apogée au début de l’automne. À l’automne, les femelles, reproductrices quittent le nid pour s’accoupler. Elles hivernent ensuite dans la litière ou sous les écorces,tandis que les mâles et les ouvrières meurent.
Frelon asiatique, européen, guêpe ou abeille, scolie des jardins ? On fait la différence

Il est facile de confondre ces insectes, mais quelques détails visuels permettent de les distinguer.
- L’abeille est trapue, poilue, avec un vol lent et prévisible. Elle ne pique que pour se défendre.
- La guêpe est plus vive, fine, avec des rayures jaunes et noires très visibles. Elle pique souvent, attirée par la nourriture.
- Le frelon européen est plus grand (jusqu’à 3,5 cm), avec une teinte jaune et rousse, un comportement généralement pacifique sauf à proximité du nid.
- Le frelon asiatique (2,5 cm) est plus sombre, avec un corps noir et une bande orange.
- La Scolie des Jardins. La femelle peut atteindre 5 cm, corps noir avec 4 marques jaunes dans le dos, tête jaune, ailes brun foncé, 6 pattes noires et épineuses. Solitaires, souvent trouvées dans les jardins et les prairies dans les départements chauds du sud de la France. Bien qu’impressionnante par sa taille, elle est non agressive envers les humains
Dans tous les cas, ne cherchez pas à chasser ces insectes et encore moins à tenter de les tuer.
En vol, essayez de suivre du regard la direction prise par l’insecte, afin de vérifier qu’un nid ne se trouve pas à proximité.
Détection et destruction des nids primaires et secondaires
La détection repose en grande partie sur la vigilance des apiculteurs, des jardiniers, et du public. Il est conseillé de surveiller régulièrement les zones à risque, notamment les arbres, les haies, les bâtiments et autres structures où les nids peuvent se cacher.
Toute observation de nids ou de frelons doit être rapidement signalée aux autorités locales (si le nid se trouve sur la voie publique ou parc public) ou au propriétaire concerné. La destruction des nids doit être effectuée par des désinsectiseurs professionnels formés, afin de garantir la sécurité et l’efficacité de
l’opération. Ces derniers seront notamment aptes à identifier le nid avant de le détruire ( il est essentiel de bien vérifier qu’il ne s’agit pas d’une autre espèce. Nombre d’espèces d’hyménoptères font des nids similaires, ces espèces peuvent être rares et seuls les spécialistes peuvent faire la différence entre les nids, surtout au début de la construction).
Piégeage de printemps raisonné
Dans les zones de moyenne ou forte densité de frelons à pattes jaunes, le piégeage de printemps permet de diminuer la pression sur un secteur. Ce piégeage vise spécifiquement les femelles fondatrices au moment où les reines quittent leurs abris hivernaux et commencent à chercher des lieux de nidification pour créer de nouvelles colonies.
Le piège utilisé doit être sélectif à défaut de quoi il peut s’avérer très destructeur pour les insectes non ciblés, qui ont un rôle fondamental dans le maintien des équilibres biologiques. Le piégeage doit se faire sur une période limitée autour du pic d’émergence des fondatrices (généralement avril), sans dépasser 8 semaines. Il est recommandé de placer les pièges dans des zones stratégiques, où les frelons sont susceptibles de passer et de les suspendre à une hauteur de 70 cm à 2 mètres du sol pour une efficacité optimale. L’entretien des pièges et le renouvellement de l’appât tous les 8 jours sont essentiels pour un piégeage sélectif et efficace.
LE MOUSTIQUE TIGRE
Le moustique tigre (Aedes albopictus)
Petit (moins de 7 mm), très noir avec des rayures blanches sur le corps qui lui ont valu son surnom, ce moustique contrairement à certains de ses congénères, pique le jour, à l’extérieur des habitations, La nuit, il s’abrite dans la végétation.
Il se déplace très peu (150 mètres environ depuis son lieu de naissance) car il vole très mal. Son astuce pour coloniser d’autres territoires : le transport passif en accompagnant l’homme dans ses déplacements (voiture, train, bus, camions et tout autre moyen de transport)
Avec une excellente capacité d’adaptation, il est actif en régions tempérées de mai à novembre. Il peut aussi potentiellement être vecteur de maladies, comme la dengue, le chikungunya ou le Zika.
Les femelles du moustique-tigre Aedes albopictus pondent leurs œufs à sec, sur la paroi ou le rebord d’un récipient ou objet incurvé pouvant recueillir de l’eau, et/ou à la limite d’un niveau d’eau. À partir du milieu du printemps, lorsque les conditions climatiques sont favorables, les œufs éclosent dès qu’ils entrent en contact avec de l’eau (pluie, arrosage…) : ils donnent alors des larves qui, au bout de 5 à 6 jours, deviennent des moustiques adultes et… piqueurs. Important : ce phénomène se produit avec des eaux propres comme sales.
Parfaitement adapté à la ville
Les « gîtes » de reproduction du moustique-tigre sont très souvent de micro dimension (à partir de quelques millilitres seulement), toujours en milieu urbain ou périurbain, jamais en milieux naturels humides ouverts. C’est une foultitude de petites collections d’eau artificielles créées par les hommes telles que : seaux, vases, soucoupes, récupérateurs d’eau, chéneaux et gouttières, bondes et rigoles, pneus, boîtes de conserve, bâche plastique et tout autre petit réceptacle d’eaux pluviales ou domestiques à découvert qui constituent un gite potentiel de ponte
Le moustique tigre constitue une problématique importante des zones urbaines (point qu’il affectionne car cet insecte y trouve tous les éléments pour se développer – chaleur, nombreux points d’eau, nourriture) – il reste de plus difficile d’engager en ville des actions de traitement (larvicide) à grande échelle, comme cela se pratique pour d’autres espèces de moustiques en plaine (traitement par avion)
Privé d’accès à l’eau, le moustique-tigre ne se reproduit pas.
La façon la plus efficace de se protéger de ces nuisances en amont, c’est ranger, curer, protéger, couvrir (toiles moustiquaires) ou évacuer les eaux stagnantes. Ou, mieux encore : chaque fois que possible, supprimer physiquement ces gîtes.

Les Chenilles processionnaires
LES CHENILLES PROCESSIONNAIRES
La chenille processionnaire constitue aussi une espèce à surveiller. Bien qu’elle ait des prédateurs naturels, comme les mésanges, le réchauffement climatique permet à cette chenille de s’étendre. Ces nids-cocons abritant plusieurs dizaines de larves sont repérables aux pointes de branches de végétaux. A la belle saison, les chenilles éclosent, mangent d’abord les poussent du végétal support puis migrent en procession vers d’autres sites.
On distingue 2 variétés: la chenille processionnaire du pin et la chenille processionnaire du chêne.
Le danger vient particulièrement des soies volatiles urticantes de l’animal, contenues aussi dans le nid-cocon.
L’exposition à ces poils peut entraîner, même sans contact direct, diverses réactions chez les humains : rougeurs, démangeaisons, conjonctivites, irritations des voies respiratoires, etc. Certains animaux sont aussi concernés (chiens, chats, chevaux notamment) soit directement (contact de leur truffe ou de leur langue avec les chenilles) soit indirectement (ingestion de fourrage lui-même exposé aux soies).
Attention lors de travaux d’élagage ou d’échenillage, la manipulation de ces nids est à effectuer avec grande précaution (un équipement adapté est conseillé).

POUR SE PROTÉGER :
- Évitez les zones à risque durant la période de présence des chenilles.
- N’approchez pas et ne touchez pas les chenilles, leur nid ou les arbres porteurs de nid et gardez les enfants éloignés.
- A proximité d’arbres infestés, évitez de faire sécher le linge et lavez les fruits et légumes cueillis.
- En balade dans une forêt de pins (de janvier à mai) ou de chênes (d’avril à juillet) : portez des vêtements longs, évitez de vous frotter les yeux et lavez-vous les mains au retour de la promenade.
COMMENT RÉAGIR EN CAS D’EXPOSITION :
- En cas de signes d’urgence vitale (détresse respiratoire, réaction allergique grave…) : appelez le 15 ou le 112
- En cas d’autres symptômes (rougeur, démangeaisons…) : appelez un centre antipoison ou consultez un médecin
- En cas de suspicion d’exposition : prenez une douche et changez de vêtements
- Si vos animaux sont touchés, consultez un vétérinaire ou appelez un centre antipoison vétérinaire
QUE FAIRE ?
Si les chenilles se trouvent sur une zone peu fréquentée (ex. forêts), pas besoin d’intervenir !
Si leur présence représente un risque élevé (ex. cours d’école, aire d’accueil), il faut s’en protéger ! Il existe plusieurs méthodes pour gérer les populations de processionnaires. Pour votre santé et sécurité, préférez intervenir avec l’avis et les conseils de professionnels. Retrouvez les informations techniques concernant la gestion des chenilles processionnaires sur le site de l’Observatoire des chenilles processionnaires : www.chenille-risque.info.
Les ambroisies
Les ambroisies
L’ambroisie est une plante annuelle relativement tardive. Elle va germer au printemps à partir du mois d’avril dans nos régions. Cette germination est échelonnée et il est possible de trouver des plantules jusqu’au mois de juillet qui arrivera aussi à développer un épis floral qui donnera quelques graines. Cette capacité de germination sur une aussi longue période explique la difficulté de lutte dans les différents milieux. De plus, elle peut aussi rebourgeonner après une destruction partielle (coupe, désherbage,…etc.). Après sa germination, l’ambroisie continue son développement rapide en port buissonnant pouvant atteindre 1m à 4m pour l’Ambroisie trifide jusqu’à l’émission de fleurs.
Ces fleurs vont émettre du pollen qui se propage à partir de début août, avec un pic en septembre jusqu’à un déclin en octobre. Ce pollen émis par les fleurs mâle peut être transporté par le vent jusqu’à 40km alentour. Un seul pied est capable de produire plusieurs millions de grains de pollen chaque jour. Même rabattue ou taillée, la plante conserve une capacité d’émission de pollen très importante.
A la suite de la production de pollen, les fleurs femelles fécondées produisent des graines en grande quantité (jusqu’à 3 000 par pied pour l’ambroisie à feuilles d’armoise). Ces graines ne sont pas propagées par les animaux ou le vent et vont tomber sur le sol à proximité de la plante mère (sauf broyage tardif ou moisson tardive qui vont contribuer à la propagation sur une plus grande zone). De ce fait, le stock de graine s’accroit chaque année et est capable de produire de très nombreuses générations d’ambroisie les années suivantes. Les graines stockées dans le sol conservent leur capacité de germination pendant plusieurs années (jusque 10 ans !).
L’Ambroisie à feuilles d’armoise et l’Ambroisie trifide sont des plantes annuelles et après cette dernière phase d’émission de graines, elles vont mourir et recommencer leur nouvelle génération au printemps suivant. Cela n’est pas vrai pour l’Ambroisie à épis lisse qui va se reproduire par des drageons (système racinaire).
Trois espèces principales

Le pollen émis par ces plantes invasives est hautement allergisant pour l’homme et entraîne diverses réactions allergiques. Elles peuvent toucher n’importe quel individu, à tout âge. Les réactions les plus couramment observées sont chacune d’emblée isolée ou le plus souvent c’est l’association de 2 ou 3 symptômes chez la même personne :
- RHINITE (dans 90% des cas) : éternuements en salves avec démangeaisons du nez qui coule beaucoup et se bouche
- CONJONCTIVITE (75%) : les yeux sont rouges, gonflés, larmoyants et ils démangent
- RACHÉITE (50%) : toux sèche
- ASTHME (50%) : difficulté à respirer, parfois très grave chez les personnes sensibles
- URTICAIRE (10%) : rougeur, œdème, démangeaisons.
La lutte contre l’ambroisie fait l’objet régulier d’arrêtés préfectoraux départementaux.
L’objectif de cette lutte est d’interrompre par arrachage (en évitant le labour) le cycle de reproduction du végétal en
- Empêchant la plante de produire du pollen pour limiter les allergies
- Empêchant la plante de produire des semences pour limiter l’invasion
Il est indispensable de poursuivre les actions de lutte sur plusieurs années pour éradiquer la plante.